lundi 10 janvier 2011

Ecrire, encore.

La rédaction d'un nouvel opus me démange terriblement, ces temps. Cette impulsion provient d'un concept général que je ressasse depuis plusieurs années. Le temps est venu pour moi de le développer.
Cette occurrence pose une interrogation : qu'est-ce qui génère ce besoin subit d'écrire ?
Je crois que je n'ai pas de réponse. Je constate cet élan sans me l'expliquer, et par là même constate que le phénomène est cette fois conscient.
Pour Evolution, à chaque étape j'ai souhaité aller jusqu'au bout de l'écriture sans pour autant avoir jamais la certitude que ce serait le cas. J'ai commencé à écrire avec cette ignorance de l'ampleur du projet ; l'impulsion était présente mais latente. Est-ce que savoir désormais ce qu'impliquera le commencement de l'opus me freinera dans mes élans ? Je dirais que oui. Je connais le sentiment d'inachevé et la frustration que cela génère. Je sais donc qu'il me sera impossible de laisser de côté ni le projet ni l'écriture tant que je n'aurai pas abouti à un premier jet. Je sais que même après cela, le texte continuera de me hanter et les corrections seront incessantes.
Je me souviens d'une discussion avec ma collègue assistante d'édition ; elle se posait une question : pourquoi tant de gens ont-ils cette volonté de se faire publier, même pour des écrits très intimes, relevant plus de la catharsis que de la création littéraire ? Nous étions parvenues à trouver un élément de réponse. La publication est une façon de passer à autre chose, enfin. Le texte est figé dans une forme définitive par la publication, à un instant T. Sans cela, les corrections sont perpétuelles. Il faut pourtant accepter que ce que nous écrivons à un moment donné est le reflet de ce que nous sommes à ce moment-là. Forcément, se relire, c'est regarder en arrière après avoir vécu une évolution personnelle. Comment consentir à cette forme moins évoluée de nous-même dès lors ? Difficile. Certains ne se laissent donc pas le choix. Parce que la force créatrice qui pousse à écrire ne laisse elle-même pas vraiment le choix.
J'en suis là de mes réflexions, à me dire que je vais de nouveau souffrir à écrire, souffrir après coup à traîner mes propres écrits comme un boulet précieux dont je ne pourrai me détacher. Pour autant, je sais que je ne fais que reculer pour mieux sauter...
Souhaitez-moi bonne chance !

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