vendredi 14 janvier 2011

L'oeil de Moscow !

Quelle lectrice suis-je devenue, désormais ?
La bêta lecture au sein de Cocyclics et les corrections faites durant ma période aux Éditions ont considérablement acéré mon œil. Je me souviens d'une époque, il n'y a pas si longtemps que cela, où je lisais le quatrième tome de la saga pour ados la plus célèbre de la décennie, (vous savez celle avec les gentils vampires), et bien je lisais ce tome, disais-je, sans sourciller. Je rentrais dans l'univers dépeint sans mal, laissant les mots se brouiller et l'action se dérouler. C'était bien, j'étais crédule.

Et maintenant ? Que nenni !
Je me suis risquée de nouveau dans ce quatrième tome et ai lâché quelques minutes et dizaines de soupirs plus tard. Dans un registre un peu différent, je viens de terminer Le Premier jour et La Première nuit, de Marc Lévy. Bilan plutôt positif. J'ai lu avec plaisir, j'ai été divertie, j'y ai même trouvé un semblant de philosophie. C'est déjà pas mal, je ne vais donc pas cracher dans la soupe. Cependant, j'ai eu cette sensation récurrente d'avoir à faire à un premier jet à peine retravaillé. Des répétitions jonchant le texte, des lourdeurs, des incohérences et longueurs de synopsis... La masse brute n'a ni été élaguée, ni polie. Soyons francs, c'est surtout un bon travail éditorial qui manque. Mais voilà, l'éditeur (je ne sais pas de qui il s'agit), s'est dit : c'est Marc Lévy, on se foule pas, ça va se vendre comme des petits pains quoiqu'il arrive. Est-ce néfaste pour l'auteur, je dirais que non, si son lectorat est semblable à moi, avant. Crédule. Il se fait bercer par une belle histoire avant de s'endormir et n'en attend finalement pas plus. Et dans cette optique, les deux opus sont plutôt pas mal.
Quant à moi, à force de m'exercer sur les romans et nouvelles dont j'ai eu à effectuer les secondes corrections ou même les corrections finales (pré BAT), ou encore les extraits de la Mare, je referme mon format poche avec un "mouai" à l'esprit.
Est-ce un mal, est-ce un bien ?...

lundi 10 janvier 2011

Lecture des manuscrits

Enfin, après plusieurs semaines bien chargées, je suis parvenue à boucler un avis définitif sur les manuscrits.
J'en retiens un, celui pour lequel le directeur de la maison hésitait. Je me rends compte que mes choix étaient influencés par avance. Seulement je pense "ligne éditoriale". Si ce n'était que de moi j'aurais opté pour la fiction policière, abordable et divertissante, mais le programme éditorial est pris en considération. Par exemple, deux des ouvrages sont trop semblables dans l'intention, le style et même les sujets abordés pour ne pas se court-circuiter. J'ai donc tranché.
Quant au dernier des trois, celui qui avait pourtant ma préférence, je sais que les qualités que je lui trouve, dont son côté accessible, seraient au contraire un frein dans le contexte de la ligne éditoriale, à la recherche de l'UFO littéraire. L'ouvrage en question en est un, et excelle dans sa catégorie.

Ecrire, encore.

La rédaction d'un nouvel opus me démange terriblement, ces temps. Cette impulsion provient d'un concept général que je ressasse depuis plusieurs années. Le temps est venu pour moi de le développer.
Cette occurrence pose une interrogation : qu'est-ce qui génère ce besoin subit d'écrire ?
Je crois que je n'ai pas de réponse. Je constate cet élan sans me l'expliquer, et par là même constate que le phénomène est cette fois conscient.
Pour Evolution, à chaque étape j'ai souhaité aller jusqu'au bout de l'écriture sans pour autant avoir jamais la certitude que ce serait le cas. J'ai commencé à écrire avec cette ignorance de l'ampleur du projet ; l'impulsion était présente mais latente. Est-ce que savoir désormais ce qu'impliquera le commencement de l'opus me freinera dans mes élans ? Je dirais que oui. Je connais le sentiment d'inachevé et la frustration que cela génère. Je sais donc qu'il me sera impossible de laisser de côté ni le projet ni l'écriture tant que je n'aurai pas abouti à un premier jet. Je sais que même après cela, le texte continuera de me hanter et les corrections seront incessantes.
Je me souviens d'une discussion avec ma collègue assistante d'édition ; elle se posait une question : pourquoi tant de gens ont-ils cette volonté de se faire publier, même pour des écrits très intimes, relevant plus de la catharsis que de la création littéraire ? Nous étions parvenues à trouver un élément de réponse. La publication est une façon de passer à autre chose, enfin. Le texte est figé dans une forme définitive par la publication, à un instant T. Sans cela, les corrections sont perpétuelles. Il faut pourtant accepter que ce que nous écrivons à un moment donné est le reflet de ce que nous sommes à ce moment-là. Forcément, se relire, c'est regarder en arrière après avoir vécu une évolution personnelle. Comment consentir à cette forme moins évoluée de nous-même dès lors ? Difficile. Certains ne se laissent donc pas le choix. Parce que la force créatrice qui pousse à écrire ne laisse elle-même pas vraiment le choix.
J'en suis là de mes réflexions, à me dire que je vais de nouveau souffrir à écrire, souffrir après coup à traîner mes propres écrits comme un boulet précieux dont je ne pourrai me détacher. Pour autant, je sais que je ne fais que reculer pour mieux sauter...
Souhaitez-moi bonne chance !

jeudi 9 décembre 2010

Trucs et astuces d'écriture, partie 2 : Le contexte.

Voici des conseils, cette fois-ci sur le contexte dans lequel vous passerez ces heures, ces mois d'écriture. Encore une fois, il s'agit de se simplifier la vie. Peut-être ne vous reconnaîtrez-vous pas dans ces méthodes,  il s'agit de mon fonctionnement.

1 : l'ambiance.
Si possible, écrire dans une pièce où règne la tranquillité, installé confortablement, avec le chat, le mug et les dicos à portée de main (ou les onglets "dictionnaires", "synonymes", "conjugueur" ouverts et prêts à l'emploi). Cela paraît élémentaire, et pourtant crucial. La qualité de l'écriture dépend de cet environnement, c'est indéniable. Il vaut parfois mieux ne pas écrire plutôt que d'être distrait.
Pourquoi ?
Il y a une chose à éviter, et je l'ai compris à l'usage : trop de relectures. C'est fatal. On finit par connaître son texte par coeur et on perd tout le recul nécessaire à une correction de qualité. Conserver la fraîcheur de ses écrits pour l'esprit est nécessaire. Pour cette raison, je conseille l'utilisation d'un traitement de texte qui débusque les fautes de frappe et autres : voilà déjà quelques relectures épargnées. Mais surtout je conseille l'écriture au calme. Retravailler sur une mauvaise base oblige à trop de relecture et risque fort d'aboutir à un résultat médiocre.
Créez-vous vos rituels. La musique, avant ou pendant l'écriture, par exemple. Faites des playlists, selon vos humeurs et besoins. Quoiqu'il en soit, il vous faut un environnement calme avant tout. Prêtez aussi une attention particulière à la lumière utilisée, naturelle ou non, près d'une fenêtre ou au contraire le soir à la lueur d'une bougie... pourvu que vous vous sentiez bien.

2 : les horaires et la fréquence.
Chaque écrivain a ses habitudes. C'est une des questions fréquentes des journalistes : quand écrivez-vous ? Par exemple, Amélie Nothomb écrit tous les matins, avant même que l'aube ne se lève. Tout dépend de votre train de vie, malheureusement, mais si vous pouvez vous offrir ce luxe, second conseil : trouvez, à l'usage, les horaires qui vous conviennent le mieux pour écrire. En ce qui me concerne, il s'agissait de la fin de matinée, lorsque j'écrivais Evolution. Ces quelques heures avant midi étaient celles où j'étais la plus productive, le cerveau réactif et bouillonnant. Ces derniers temps, cela a changé, dès 20h, je me réveille. En effet, ces créneaux horaires tous particuliers, propres à votre métabolisme, évoluent. Soyez à l'écoute de votre corps et votre créativité.
De la même manière, tentez de déterminer quel rythme est le meilleur pour vous. Tous les jours ? Essayez d'ouvrir votre fichier au moins une fois par jour dans ce cas. Encore une fois, rien d'immuable ! Mais comme un coureur de fonds, calez vos foulées sur le long terme.

3 : sortez.
L'écriture se nourrit de son auteur. Pour cela, il faut vivre tout un tas d'expérience. Ne commettez pas l'erreur de vous enfermer dans votre texte comme un geek. Sortez, vous aurez de quoi alimenter vos écrits, sortez au sens large du terme. Sortez entre amis, ne rechignez pas pour un verre, une rencontre, et profitez de tout ce qui vous tombe sous l'oeil et les sens : la foule, l'ambiance, les odeurs, les sons, les interactions sociales, le goût et les couleurs de votre cocktail... Sortez en forêt, empoignez une branche et reniflez-la, écoutez les murmures ou le silence, etc. Votre histoire se passe à l'époque médiévale ? Allez visiter un château de cette époque, à l'occasion, ou encore un village médiéval comme il y en a dans toute la France. Vous ne serez pas déçu du voyage.


En résumé, confort, calme et stimulants.
Ecrivez, maintenant !